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Santé · Le blog

Quels vaccins du chien prévoir et à quel moment ?

11 min de lecture Par la rédaction

Chiot beagle calme assis sur la table d’un cabinet vétérinaire lumineux, vaccins du chien

Les vaccins du chien font partie de ces gestes discrets qui changent tout : quelques rendez-vous chez le vétérinaire, une vignette collée dans un carnet, et votre compagnon traverse la vie mieux armé contre des maladies graves, parfois mortelles. Encore faut-il comprendre contre quoi on le protège, pourquoi le chiot reçoit plusieurs injections, à quel rythme revenir pour les rappels et quelles exigences s’ajoutent avant un voyage ou un séjour en pension. Voici les principes, expliqués simplement, pour dialoguer sereinement avec votre vétérinaire, le seul à pouvoir fixer le protocole adapté à votre chien.

Contre quelles maladies protègent les vaccins du chien ?

Veiller à la santé du chien commence souvent par une question simple posée au premier rendez-vous : contre quoi faut-il le protéger ? Un vaccin présente à l’organisme un agent infectieux rendu inoffensif, ou seulement une partie de celui-ci, afin que le système immunitaire apprenne à le reconnaître et réagisse vite le jour où il croise le vrai microbe. Les vétérinaires distinguent généralement deux familles. Les valences essentielles concernent tous les chiens, quel que soit leur mode de vie, car elles visent des maladies graves et répandues : la maladie de Carré, virus qui peut toucher les voies respiratoires, le système digestif puis le système nerveux ; l’hépatite de Rubarth, infection virale qui s’attaque notamment au foie ; la parvovirose, redoutable chez le chiot, avec un virus très résistant dans l’environnement ; et la leptospirose, maladie bactérienne liée à l’urine des rongeurs et aux eaux stagnantes, qui peut aussi contaminer l’humain. Sur les carnets, ces valences apparaissent souvent sous forme de lettres regroupées, chaque vaccin ayant ses propres combinaisons. Lors de la consultation, n’hésitez pas à demander au vétérinaire de vous traduire ces lettres : savoir ce que recouvre chaque vignette aide ensuite à suivre les rappels sans confusion. Viennent ensuite les valences complémentaires, proposées selon l’exposition réelle de l’animal : la rage, imposée dans certaines situations réglementaires, la toux de chenil, ou trachéobronchite infectieuse, utile aux chiens qui côtoient beaucoup de congénères, la piroplasmose, transmise par les tiques dans certaines régions, ou encore la leishmaniose pour les chiens exposés aux phlébotomes. Rien ne se choisit sur catalogue : le vétérinaire pèse la région où vous vivez, les promenades en forêt ou au bord de l’eau, les séjours en garde, les voyages prévus, l’âge et l’état général du chien. C’est aussi pour cela qu’il l’examine avant chaque injection, car une vaccination se fait sur un animal en forme, et un chiot fiévreux ou affaibli verra souvent son rendez-vous décalé de quelques jours. La protection dépasse d’ailleurs votre seul compagnon : quand la plupart des chiens d’un quartier, d’un club ou d’un élevage sont correctement vaccinés, les virus circulent moins, ce qui protège indirectement les chiots trop jeunes pour être immunisés et les chiens qui ne peuvent pas recevoir certains vaccins. Il faut enfin garder des attentes justes. Un vaccin réduit fortement le risque ou la gravité d’une maladie, mais aucun ne promet une protection absolue, notamment pour la leptospirose dont il existe de nombreuses souches. Les bons réflexes du quotidien restent donc précieux : éviter de laisser boire le chien dans les flaques, ramasser les déjections, le protéger des tiques et appeler le vétérinaire sans attendre s’il paraît abattu, refuse de manger, vomit à répétition ou présente une diarrhée avec du sang, car ces signes relèvent de l’urgence chez un jeune chien.

Essentielles, pour tousSelon le mode de vieCarréRageHépatite de RubarthToux de chenilParvovirosePiroplasmoseLeptospiroseLeishmanioseLe vétérinaire choisit les valences selon votre chien
Les valences essentielles concernent tous les chiens, les autres s’ajoutent selon la région, les activités et les voyages.

Maladie de Carré

Virus très contagieux qui peut atteindre les voies respiratoires, le tube digestif puis le système nerveux. La vaccination en a fortement réduit la circulation, sans la faire disparaître.

essentielle

Hépatite de Rubarth

Infection virale qui s’attaque notamment au foie et aux vaisseaux. Elle figure dans les combinaisons de base proposées à tous les chiots.

essentielle

Parvovirose

Redoutable chez le chiot, avec vomissements et diarrhées hémorragiques. Le virus résiste longtemps dans l’environnement et voyage sur les semelles.

essentielle

Leptospirose

Maladie bactérienne liée à l’urine des rongeurs et aux eaux stagnantes, transmissible à l’humain. Son rappel est en général plus fréquent.

essentielle

Rage

Exigée pour passer une frontière et dans certaines situations réglementaires. Le chien doit être identifié avant l’injection.

réglementaire

Toux de chenil

Infection respiratoire qui circule là où les chiens se rassemblent. Souvent demandée par les pensions et les clubs.

mode de vie

Carnet de santé fermé posé sur un comptoir clair à côté d’une laisse rouge et d’une petite friandise, vaccins du chien
Le carnet de santé suit le chien à chaque rendez-vous : c’est lui qui prouve que ses vaccins sont à jour.

Primovaccination du chiot : les premiers vaccins du chien pas à pas

L’arrivée d’un chiot mobilise toute la famille, entre le panier à installer, les jouets à trier et le temps passé à choisir les croquettes, mais le calendrier vaccinal mérite autant d’attention dès le premier jour. Commencez par lire le carnet remis à l’adoption : il indique si une première injection a déjà été faite, à quelle date et avec quelles valences, ce qui permet au vétérinaire de reprendre la suite sans trou ni doublon. Pour comprendre pourquoi le chiot reçoit plusieurs injections, il faut parler des anticorps maternels. Pendant ses premiers jours, le chiot boit le colostrum de sa mère, riche en anticorps qui le protègent un temps. Cette protection diminue ensuite peu à peu, à un rythme qui varie d’un chiot à l’autre. Tant qu’elle reste présente, elle peut neutraliser le vaccin avant qu’il n’ait agi, et lorsqu’elle s’efface, le chiot devient vulnérable. On ne sait pas précisément à quel moment ce relais se produit pour chaque individu, d’où le principe de la primovaccination : une série d’injections espacées de quelques semaines, qui débute généralement vers l’âge de 8 semaines et se poursuit jusqu’à ce que le vétérinaire estime que les anticorps maternels ont disparu. Le nombre d’injections et leur espacement dépendent du vaccin utilisé, du contexte sanitaire et de l’histoire du chiot ; ce protocole est fixé par le vétérinaire et il n’existe pas de calendrier universel à recopier. La protection devient solide quelque temps après la dernière injection de la série, et votre vétérinaire vous dira à partir de quand votre chiot peut fréquenter sans souci les lieux très passés. En attendant, pas question de l’enfermer : la période de socialisation est précieuse et se vit avec des précautions simples, comme le porter dans les bras en ville, lui faire rencontrer des chiens adultes en bonne santé et vaccinés, recevoir des visiteurs à la maison et éviter les parcs canins, les aires d’autoroute ou les trottoirs très fréquentés par des chiens inconnus. Le jour du rendez-vous, le vétérinaire pèse le chiot, l’ausculte, regarde ses yeux, sa bouche et son ventre, puis pratique une injection sous la peau, rapide et généralement bien tolérée, surtout si une friandise détourne l’attention. Dans les heures qui suivent, une petite fatigue, un appétit un peu réduit ou une légère sensibilité au point d’injection sont fréquents et passent en un à deux jours. En revanche, un gonflement du museau ou des paupières, des vomissements répétés, une difficulté à respirer ou un chiot qui s’effondre imposent d’appeler immédiatement le vétérinaire. Demandez aussi s’il faut prévoir un vermifuge avant la prochaine injection, car le vétérinaire préfère vacciner un chiot en pleine forme et débarrassé de ses parasites. Si votre chiot devra un jour voyager hors de France, demandez dès ces premières visites quand programmer le vaccin contre la rage, qui suit des règles propres.

période fragileprotection transmise par la mèreprotection construite par les vaccinssérie d’injectionsnaissancerappelsâge du chiot
Schéma de principe sans échelle : la série d’injections couvre la période où la protection maternelle s’efface.

Rappels et carnet de santé : suivre les vaccins du chien toute sa vie

Une fois la primovaccination terminée, l’histoire continue : la mémoire immunitaire s’entretient, et c’est le rôle des rappels de vaccins. Le premier intervient en général à une date que le vétérinaire précise à la fin de la série du chiot, puis le rythme s’installe pour l’âge adulte. Toutes les valences ne vieillissent pas de la même manière : la leptospirose réclame habituellement un rappel annuel, tandis que d’autres peuvent être espacées selon le vaccin employé et l’appréciation du praticien. Voilà pourquoi deux chiens du même âge n’ont pas forcément les mêmes vignettes dans leur carnet, sans que l’un soit mieux suivi que l’autre. Si vous changez de vétérinaire, à la suite d’un déménagement par exemple, présentez le carnet dès la première visite afin que le nouveau praticien reprenne exactement là où le précédent s’était arrêté. Le rendez-vous de rappel a une autre vertu, souvent sous-estimée : il offre chaque année un bilan de santé complet, l’occasion de repérer une prise de poids, du tartre, un souffle au cœur, une grosseur sous la peau ou une raideur débutante, bien avant que le chien ne montre le moindre signe. Un retard de quelques jours n’a généralement pas de conséquence, mais un oubli prolongé peut conduire le vétérinaire à reprendre un schéma plus complet, avec plusieurs injections ; mieux vaut donc noter l’échéance dans un agenda, activer un rappel sur son téléphone ou accepter le message de relance du cabinet. Le carnet de santé, ou le passeport européen qui le remplace pour beaucoup de chiens, est la mémoire de tout cela. Chaque vaccin y figure avec une vignette autocollante qui reprend le nom et le lot du produit, accompagnée de la date, du cachet et de la signature du vétérinaire. Sans cette trace, une pension, un club ou un pays d’accueil considérera le chien comme non vacciné, quelle que soit votre bonne foi. Rangez-le avec la carte d’identification, emportez-le à chaque consultation et prenez-le en photo, page par page, pour en garder une copie. En cas de perte, le cabinet qui suit votre chien conserve en principe l’historique de ses actes et pourra vous aider à reconstituer les informations. Le suivi vaccinal évolue aussi avec l’âge : chez un chien senior ou atteint d’une maladie chronique, le vétérinaire peut adapter les valences, le rythme ou le moment de l’injection, après examen, sans jamais décider à la place du propriétaire mais en lui expliquant ses choix. Pour un chiot, la première année concentre beaucoup de rendez-vous, entre vaccins, croissance, dents et changement d’alimentation, et il est facile de s’y perdre. Pour visualiser ces grandes étapes, le petit outil ci-dessous place des repères indicatifs à partir de la date de naissance de votre chiot, à confirmer avec votre vétérinaire.

Vaccinsvignette, date, cachet du vétérinaireBilanRappelVignetteDate notéeLe cycle des rappels
À chaque rappel, un bilan, une vignette dans le carnet et la prochaine date notée : la boucle est bouclée.
  1. Accueil et peséeLe chien monte sur la balance, et l’évolution de son poids est notée d’une visite à l’autre.
  2. Examen cliniqueAuscultation du cœur et des poumons, coup d’œil aux dents, aux oreilles, à la peau et aux articulations.
  3. Point sur le mode de vieRégion, sorties, pension ou voyage à venir : le vétérinaire ajuste les valences.
  4. Injection et vignetteUne piqûre rapide sous la peau, puis la vignette collée, datée et signée dans le carnet.
  5. Retour au calmeUne soirée tranquille à la maison et la prochaine date notée tout de suite dans votre agenda.
Jeune husky couché sereinement sur un tapis de salle d’attente vétérinaire, vaccins du chien
Un chien habitué aux visites aborde ses rappels avec calme, ce qui simplifie l’examen.

Vaccins du chien pour voyager, partir en pension ou en cas de réaction

Certaines situations ajoutent des exigences précises aux vaccins du chien, et elles se préparent bien avant la date du départ. Pour un voyage hors de France, les grands principes sont connus : le chien doit être identifié, vacciné contre la rage avec un vaccin en cours de validité et muni de son passeport européen. Un délai doit s’écouler entre la première injection antirabique et le passage de la frontière, et certains pays demandent davantage, comme un traitement antiparasitaire ou une prise de sang pour mesurer les anticorps contre la rage, avec des délais qui peuvent se compter en mois. Les règles changent selon la destination et évoluent : vérifiez-les sur les sites officiels du pays d’arrivée et parlez-en à votre vétérinaire dès que le projet prend forme. En France même, la vaccination contre la rage reste obligatoire pour certaines catégories de chiens et peut être demandée lors de rassemblements, de concours ou par certains campings, là encore à vérifier au cas par cas. Côté garde, une pension canine, une crèche ou un club d’éducation réclame presque toujours un carnet à jour et souvent la valence contre la toux de chenil, cette infection respiratoire qui circule là où les chiens partagent l’air et les gamelles. Certaines structures demandent aussi des traitements antiparasitaires récents, autant le savoir pour tout organiser lors d’un même rendez-vous chez le vétérinaire. Renseignez-vous sur le règlement de l’établissement plusieurs semaines à l’avance, car une valence faite la veille n’a pas eu le temps d’agir et peut être refusée. Une garde chez un proche est moins encadrée, mais un chien vacciné protège aussi les autres animaux de la maison. Reste la question des réactions. La grande majorité des chiens tolèrent très bien leurs vaccins, avec au plus une petite fatigue ou une sensibilité locale. Si votre chien a déjà mal réagi, signalez-le avant l’injection : le vétérinaire peut alors adapter le moment, les valences ou demander de rester un moment en salle d’attente avant de repartir. Une petite boule sous la peau à l’endroit de la piqûre disparaît en général en quelques jours ; si elle persiste ou grossit, montrez-la au vétérinaire. Les signes d’urgence restent les mêmes à tout âge : visage qui gonfle, plaques sur la peau, vomissements répétés, souffle court, chien qui chancelle ou s’effondre. Dans ce cas, on appelle le vétérinaire ou le service de garde sans attendre, carnet en main, en précisant l’heure de l’injection et les signes observés. Enfin, il arrive que le vétérinaire propose de doser les anticorps plutôt que de refaire automatiquement certaines valences, par exemple chez un chien à l’histoire médicale particulière ; c’est une décision qui se prend avec lui, en fonction du chien et de ses projets de vie, pas sur la foi d’un forum.

Niveau d’exigence habituel selon la situation

Rage pour sortir du territoireObligatoire
Carnet à jour en pensionPresque toujours
Toux de chenil en pensionSouvent
Club, exposition, concoursVariable
Garde chez un procheÀ discuter
Voyage à l’étrangeridentification par pucevaccin contre la rage validepasseport à jourrègles du pays vérifiéesPension ou gardecarnet de santé à jourvalences demandées faitesprise de rendez-vous anticipéedoudou et ration habituelleExigences à vérifier bien avant le départ
Avant un voyage ou une pension, une courte liste de vérification évite les mauvaises surprises au moment de partir, valise bouclée et chien serein.
Mon chien adulte n’a jamais été vacciné, est-il trop tard ?

Non. Le vétérinaire examine d’abord le chien, puis propose une primovaccination adaptée à un adulte, souvent plus courte que celle du chiot, suivie des rappels habituels. Gardez les précautions de sortie qu’il vous indique tant que la série n’est pas terminée.

Un chien qui sort peu doit-il quand même être vacciné ?

Oui pour les valences essentielles. Le virus de la parvovirose voyage sur les chaussures, et les rongeurs peuvent apporter la leptospirose jusque dans un jardin clos. Le vétérinaire peut en revanche alléger les valences liées aux voyages ou aux collectivités.

Que faire si le carnet de santé est perdu ?

Contactez le cabinet qui suit votre chien : il conserve en principe l’historique des vaccinations et peut vous aider à refaire un document. Profitez-en pour photographier chaque page du nouveau carnet et garder ces images à portée de main.

oreille contre le stéthoscope

Le carnet sous le bras la visite devient simple

Le jour du rappel, emportez le carnet de santé et notez vos questions à l’avance : le vétérinaire en profitera pour écouter le cœur, regarder les oreilles, les dents, la peau. Un chien qui vient aussi en dehors des piqûres, juste pour une friandise et une caresse à l’accueil, associe peu à peu la clinique à de bons souvenirs. Le calendrier précis des vaccins se décide avec lui, selon votre mode de vie.

carnetVaccins du chien